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Village ressuscité
Comme tous les villages perchés, La Roque sur Pernes vit ses habitants l’abandonner dès la fin du XIXème siècle.
Ce dépeuplement s’accéléra encore après les guerres de 1914 et 1939 au point qu’en 1950 les Roquerois n’étaient
plus que quelques dizaines…
C’est alors qu’il fut sauvé pars les Banatais ! Qui étaient les Banatais ?
Les habitants du Banat, une vaste région marécageuse reprise aux Ottomans par l’Autriche en 1718. Son gouverneur,
le Comte de Mercy, d’origine Lorraine fit venir des centaines de colons d’origine Alsacienne et Lorraine qui asséchèrent
les terres et construisirent 150 villages dont plusieurs portent ainsi des noms français. Après la première guerre mondiale
le Banat fut partagé entre la Hongrie, la Roumanie et la Yougoslavie. La seconde guerre mondiale anéantit presque totalement
la population banataise, bombardée, assassinée, déportée. Quelques dizaines de milliers seulement (sur près de 500.000)
purent après 1945 se réfugier vers des lieux relativement hospitaliers. C’est alors qu’intervient Jean Lamesfeld, banatais
d’origine, devenu Ministre des finances en Roumanie.
Il intervient auprès de Robert Schumann, Président du Conseil pour qu’il facilite l’accueil des réfugiés Banatais en France.
10.000 d’entre eux sont accueillis triomphalement à Colmar. Lamesfeld ne s’arrête pas là, connaissant la situation
de La Roque, village abandonné, il imagine d’y faire venir des Banatais. Aidé par le Maire de La Roque, Edouard Delebecque,
et par Jacques Boissier, Préfet du Vaucluse, il permet à quelques familles (dix-huit de 1950 à 1960) de s’y installer
et elles le ressuscitèrent comme leurs ancêtres avaient transformé le Banat (La Roque compte actuellement 460 habitants).
Un tryptique, à l’intérieur de l’Eglise rappelle leur dramatique épopée.
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